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par Trésor Kalonji

Les escrocs du Web reviennent sous une autre forme

10 Novembre 2018 , Rédigé par tresorkalonji.over-blog.com Publié dans #scam, #crypto-monnaie, #RDC, #escroquerie, #Bitcoin

Alors qu’on croyait l’épisode Stancap passé, les escrocs derrière ce site ont rempilé sous une nouvelle identité sur Internet. C’est ce que fait remarquer un internaute qui m’a interpellé en me faisant remarquer, que le site 24options.icu possédait le même design que StanCap qui s’est évaporé avec l’épargne de milliers de Congolais. 

Mutation
En y regardant de près, on se rend effectivement compte que ce site, au-delà de posséder le même design, reprend des offres similaires que Stancap s trois packages avec des nuances. 

Pour un dépôt entre 20 et 50.000$, la commission est de 20% après 24 heures. Elle monte à 70% pour les sommes variant de 500 à 100.000 $ après 48 heures et de 100% après 48 heures si vous misez entre 1000 et 200.000 $. 

Ces différences étant introduite pour se démarquer de Stancap qui offrait des intérêts journaliers de 8, 6 et 4% pour des mises allant de 30 $ à 50.000 $.
Autre fait majeur, 24options.icu a été créé le 8 novembre 2018 et comme Stancap, n’a été réservé que pour une année. C’est un peu comme une banque qui se créée et que dans ses statuts, elle mettait que la durée de son existence ne sera que d’une année.
Pis encore, il s’est avéré que le même design avait aussi été utilisé concomitamment à l’existence de Stancap par un autre site Envoyfx.com là aussi, avec des retours sur investissements différents et plus pharaoniques allant de 127 à 278% en 48h pour des mises comprises entre 10 et 50.000 $ 

D’autres existent
Mais ce ne sont pas les seuls à avoir écumé le web congolais. OneCoin, une autre crypto-monnaie au fonctionnement similaire a même ouvert des bureaux tenus par des commissionnaires en RDC. 

Selon les témoignages de la société civile de Bunia, 1300 personnes ont été dépouillées pour un montant représentant près d’un million de dollars en 2017. Une situation qui a fait intervenir les autorités qui ont procédé à des interpellations. Cela sans savoir que OneCoin faisait déjà l’objet d’une investigation des polices et services secrets d’autres pays du monde, où il a drainé près de 3 milliards de dollars. 

 

Les Parrains
Ce sont des personnes qui ont été les premières à bénéficier des dividendes de ce système à ces débuts et ont opté pour l’option de parrainage. Le but étant de faire la promotion pour ramener le plus de monde dans le système et empocher des commissions. 

C’est ainsi que de nombreuses personnes se sont improvisées coaches en intelligence financière et en entrepreneuriat numérique et organisé le recrutement de nouveaux membres. 

Malgré le fait qu’OnyxCoin figure sur une liste noire, cela n’empêche pas des affiliés et commissionnaires de recruter de nouveaux membres, en organisant des séances payantes et grand public à Kinshasa et d’autres grandes villes.

L’arroseur arrosé
Exit scam, c’est le terme qu’utilisent les pirates pour désigner ces arnaques montées sur une période définie, qui font amasser de l’argent et dont les commanditaires s’évaporent lorsqu’ils estiment en avoir collecté suffisamment de liquidités ou lorsqu'ils sentent que les autorités sont sur le point de les appréhender. 

C’est ce qui arriva à l’Evolution Market, le deuxième plus grand marché des cybercriminels au monde en 2015. Ses créateurs surnommés Verto et Kimble, ont attendu sagement que les hackers y accumulent leurs avoirs pour disparaître avec 40.000 bitcoins, représentant près de 12 millions de dollars. 

Ce sont les pirates les plus recherchés par les autres pirates. A côté, John Wick 2 c'est de la rigolade.

Et les autorités ?
Comme Internet et les télécoms à leurs débuts, la loi congolaise prend du temps à s’adapter à l’évolution. Le récent projet de loi adopté par le Sénat sur l’économie numérique ne fait nullement mention de crypto-monnaie, malgré les développements observés depuis 2017 dans ce secteur. 

Le risque est que le temps passe et que les autorités n’arrivent ni à réprimer les escrocs qui l’utilisent, ni à encadrer ceux qui en ont fait une activité légitime. La Banque centrale d’Ouganda a, devant l’ampleur du phénomène, pris des mesures conservatoires et alerté l’opinion. Espérons que la nôtre emboîtera le pas.

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