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par Trésor Kalonji

5G ou fibre sans fil. Qu'est ce que cela apportera à la RDC ?

4 Novembre 2019 , Rédigé par TDK Publié dans #Afrique, #RDC, #internet

Pour l’habitant de Kinshasa que je suis, la vitesse d’une connexion Internet a été longtemps vantée par des opérateurs pour conquérir des clients comme moi en quête de performances. Après avoir traversé la préhistoire du numérique avec les connexions GPRS qui ont fait de l’expérience de l’Internet un enfer pour les usagers, Orange en lançant ses services en 2012 s'était positionné sur une nouveauté à l'époque : la 3G+. Une technologie mobile qu’elle décrivait comme la plus rapide. 

Je me rappelle de cette fois où je suis allé souscrire au service sur l’avenue Lukusa à la Gombe. À l’époque, nous étions émerveillés du simple fait que cette connexion nous permettait de regarder une vidéo sur Youtube sans coupure. C’était vrai (du moins au centre-ville de Kinshasa). 

Que ne nous a-t-on pas vendu : visioconférence, téléchargement à la vitesse de l’éclair, chargement plus rapide des données et j’en passe. Une publicité si agressive, que j’avais fini par troquer mon modem de Standard Télécom, tirant un trait sur les 10 $ mensuels que je lui consacrais pour 1 giga de connexion à raison de 1$ pour 100 mégas. 
Plus de nuits blanches où nous devions attendre les douze coups de minuit pour activer des forfaits d’un giga pour 6 heures de validité et en profiter pour mettre à jour un logiciel, télécharger une extension ou un fichier volumineux. 
Pour ses concurrents Vodacom et Airtel, il fallait vite réagir. Cela demandait de repenser leur business model, investir des ressources et changer de paradigme. La bataille était engagée. Du moins, celle des prix. 


4G
En 2018, Vodacom prend les devants et monopolise la scène pour annoncer l’acquisition et le lancement de la 4G. Là aussi, il est question de vanter la performance et la qualité. La photo d’un satellite orbital sur les affiches placardées dans la ville joue le jeu. 

Depuis tout le monde, s’y est encore mis. De la 4G à la 4G+, la concurrence a de nouveau délié les bourses. 

Pourquoi la 5G fait tant rêver ?
Pendant des années, on nous a vendu le mirage de la télémédecine et d’autres services de pointe que l’Internet d’alors (GPRS) devrait nous fournir. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’on se rend compte que nous ne disposions pas des capacités requises pour opérationnaliser ces services. 

Avec la 5G, les possibilités qui sont offertes sont nombreuses : 

- 
La transmission : simultanée de plusieurs flux vidéo en 4K. Une vidéo HD représente 1920 X 1080 pixels. Les clips de vidéo qui passent sur les chaînes câblées comme Trace Africa et autres sont dans ce format. La 4K c’est une vidéo HD multipliée par 2. 

Ce qui change avec ça, c’est la qualité. Une vidéo 4K fait ressortir plus de détails dans son rendu. Un grain de beauté, les poils d’un visage ou des détails imperceptibles dans des images ordinaires peuvent se révéler à nos yeux. 

Encore faut-il avoir l’équipement compatible. Ceux qui ont des CURVE TV ou la X-Box côté savent de quoi je parle. 

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Télémédecine mobile en réalité augmentée. Là aussi, la percée sera majeure. Imaginer que sur la scène d’un accident, un secouriste doté de lunettes autonomes transmet à un médecin situé à des kilomètres des lieux, un hologramme reprenant des photos et d’autres éléments permettant à ce dernier de faire un diagnostic et de le guider sur les gestes à opérer sans avoir à se déplacer. 

Une approche pratique pour décentraliser les soins de santé dans un pays comme le nôtre où le nombre de médecins qualifiés n’est pas suffisant. 

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La latence : le temps que mettront les appareils à se connecter et à recevoir une information sera tellement rapide qu’elle ne sera quasiment pas perceptible. 

Ca sera comme dans les épisodes de 24h chronos, où Jack Bauer demandait une information à Chloe O’Brian et que celle-ci l’affichait en quelques tierces. On se demandait tous comment elle faisait pour être si rapide. 

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Vidéoconférence : je pense qu’enfin, il y aura des vraies visioconférences et non ce semblant où, faute de réseau stable, on est obligé de faire une demande d’amis à des clients pour utiliser Facebook Messenger en audio. Ne me parlez même pas de Skype. A Kinshasa ça ne sert pas à grand chose. 

Comme on le voit, cette technologie aura un impact réel sur l’économie au vu des nouveaux métiers qu’elle créera dans son sillage et de la valeur ajoutée qu’elle procurera. Ce serait donc idéal pour notre gouvernement de s’y lancer. Du point de vue du consommateur, cette évolution boostera inéluctablement la consommation de données. Une transition numérique à saisir au bond, mais également à préparer pour éviter les mauvaises surprises. 


Préparer la transition
Il n’y a pas que dans la façon dont nous consommerons le numérique qui changera avec la 5G mais aussi avec elle, la dépendance qui sera la nôtre envers des équipements qui consommeront moins de batterie et permettront des interactions rapides. Un risque que les chercheurs en sécurité scrutent déjà dans des domaines comme la cybercriminalité ou le terrorisme. 

Comme internet à ses débuts, la 5G risque de se généraliser trop rapidement sans avoir été suffisamment testée et éprouvée contre les failles potentielles pouvant découler de son usage à grande échelle et dans des structures sensibles. Des chercheurs de trois universités européennes l’ont évoqué dans un travail commun. 
En RDC, on a vu où cette ruée vers l’informatisation de masse des services publics nous a conduit au début des années 2000. Des utilisateurs non préparés à une technologie qu’ils découvraient et qui était décrite comme l’alphabet du troisième millénaire, n’ont pas pu ainsi, faute de sensibilisation en amont, se préparer aux escroqueries en ligne par exemple. 

Il serait nécessaire de prendre du recul et d’envisager sereinement l’avènement de cette technologie et des incidences qu’elles impliqueront dans nos vies. 
 

Au lieu d’attendre que la réglementation et le cadre législatif s’y adaptent, la communauté technico-scientifique devrait déjà donner le ton et commencer dès aujourd’hui à réfléchir sur des scénarios d’une RDC 3.0 où les objets connectés occuperont notre quotidien. 
Moi j’y pense déjà depuis que j’ai déjà pris mon abonnement sur SYFY. 

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salle informatique enseignement 28/07/2020 14:12

Effectivement, la 5G fait tellement rêver vu la rapidité de la connexion et tous les autres avantages qu’elle apporte. Cependant, je pense qu’il est aussi nécessaire de bien revoir les effets néfastes à la santé et y remédier. Belle initiative, merci pour le partage.