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par Trésor Kalonji

Afrique Noire et Recherche technologique : Nous n'étions pas prêts

Les fondements des croyances religieuses occidentales ont pour la plupart eu pour fondements des concepts et des préjugés se basant sur les phénomènes naturels.
Les faits relevant de la nature ont toujours suscité dans les premières sociétés primitives les preuves de l’existence de forces dépassant l’entendement humain.

 

Ces croyances se sont confortés au fil des siècles et des millénaires, renforcé par la peur de l’après vie.

La pensée africaine primitive a également profondément été influencée par ces préjugés. L’homme Bantou a toujours vécu dans une logique de subsistance primaire et minimaliste, sans favoriser l’acquisition des biens et des richesses.
Le bantou typique du début du siècle dernier jouissait de la disponibilité des ressources naturelles, qui le dispensaient de déployer des efforts ou une ingéniosité considérables pour les acquérir.

 

Cette prédisposition, renforcé et enraciné par les croyances ancestrales sur le périple des Hommes sur terre dans nos sociétés claniques ont annihilé la disposition au travail et à l’entreprenariat et handicapé l’essor industriel et économique, dans une ère ou d’autres civilisations étendaient la leur par les travaux des métaux.

Ce qui explique le fait que les sociétés Bantous d’Afrique centrale se soient retrouvés moins avancées et à un niveau de développement rétrogrades jusqu’à la fin du XIX ème siècle.

 

Cette attitude passive face aux travaux lourds, susceptibles de favoriser un développement des infrastructures s’est ancré dans la conscience collective et enracinés dans les coutumes.
Cette orientation cognitive fondé sur la satisfaction primaire a perduré jusqu’à l’arrivée des colons.
La colonisation a en effet fortement atténué cet état d’esprit en introduisant notamment le travail forcé pour la construction des infrastructures et l’exploitation des ressources.

L’importation des produits manufacturés dont l’acquisition était liée l’argent a également contribué à l’atténuation de ce comportement existentiel.

 

Pourtant, cette tare était toujours enfouie dans la conscience collective. Les débuts de l’industrialisation et de la modernisation de nos sociétés ; à la lumière occidentale ne contribuèrent qu’à créer deux clivages : celle d’une métropole dominante, imposant son style de vie près des peuples colonisés, et celle des populations autochtones, gardiennes des traditions ancestrales qu’elles préservent de l’intrusion de la culture et de la pensée occidentale.

L’émergence tardive d’une élite noire capable de s’approprier des mutations introduites par l’industrialisation n’a fait que pérenniser cet état d’esprit au sein des populations indigènes.

 

Cette résistance culturelle a été accentuée par l’éclosion des mouvements nationalistes noire qui prônait le rejet du modernisme, interprété comme une acculturation, et le retour aux concepts et modes de vie ancestraux.

Les ténors de ces concepts actuellement, nombreux au sein des églises afro chrétiennes, affirment même la supériorité manifeste des noirs à travers la détention d’un pouvoir ésotériques lointain remontant aux périodes précoloniales qu’ils leur auraient été subtilisés par les Blancs et utilisé par ceux-ci dans les innovations technologiques contemporaines !

 

Cette vision atypique de la science se réalise dans ces mouvements sectaires ou traditionnelles par une vision raciale de l’Histoire, séquelles des brimades et autres persécutions auxquelles elles eurent à faire face durant la colonisation occidentale.

 

Dans ces communautés, ou du moins pour celle qui se sont érigés en Eglise et ont obtenu un statut légal dans leur pays, l’adoption des moyens de communication qu’offraient les nouvelles technologies notamment l’Internet, ou plus loin encore celles des technologies de transmissions analogiques et numérique comme la télévision ou la Radio, se sont fait après multiples hésitations et n’ont pas rencontré l’assentiments de l’ensemble des fidèles.

Loin de devenir un facteur de développement, l’industrialisation et le modernisme ont été interprété par les peuples colonisés comme une imposition du modèle occidental, dont la nécessité était certes reconnu de tous, mais dont le rôle servait selon la pensée collective des masses à asseoir la culture occidentale au détriment de celle des indigènes.

 

Ce type de vision fut commune à toutes les sociétés aussi bien pré que post-coloniales qui n’ont pas connu l’expérience de la transformation graduelle et structurelle intervenus dans les sociétés occidentales dans l’ère de l’industrialisation.

 

L’aboutissement de ce processus d’industrialisation a cheminé en occident par plusieurs étapes. Celle-ci s’est également butée à des préjugés analogues.

Les périodes post-coloniales ont été déterminantes pour l’essor technologique et industriel.
Etant dépeintes comme des voies inexorables vers le progrès, elles ont été retenues dans les politiques de développement des pays nouvellement indépendants.

 

Certains pays ont su adapter ces facteurs dans leur politique de développement notamment par le transfert technologique.
Malgré cela, l’Industrie, mais principalement la Technologie ont toujours été confrontées à des préjugés dans les pays du Tiers-monde, notamment en Afrique.

Plusieurs théoriciens du développement comme Lawrence Harrison ont interprété le sous-développement à un état d’esprit.


Cet état d’esprit est fonction d’une vision et d’une orientation cognitive du monde.

Chez ceux qui sot animé de cette perception subjective, la richesse manque d’explication matérielle et est nécessairement’ le fruit de forces mystiques ou magiques.

 

Cette vision stéréotypé de la richesse sur un continent où misères, paupérisation et corruption ont fais éclore une litanie de mythes conspirationnistes ourdies par des sociétés sécrètes (Homosexuels, confréries, sectes) a également été collée à la technologie.

 

Cette dernière est donc perçue par une majorité de peuples comme étant issu du monde mystique.
Il est étonnant de relever que les ténors de cette pensée n’excluent pas malgré cela le recours à celle-ci.
Toutefois, l’appropriation et le développement technologique par des élites locales sont synonymes de recours à des procédés et rites magiques.

 

Utiliser la technologie serait donc utile, c’est même une nécessité ; mais vouloir se l’approprier en la modelant à ses besoins via la recherche, comporte pour la ou les personnes qui s’y lancent un recours au mysticisme afin d’atteindre leur but.

 

Cette pensée annihile la capacité créatrice de l’Homme et freine l’émergence de la recherche scientifique.
C’est ainsi que par peur, de jeunes africains de nos contrées n'embrassent pas le domaine de la recherche, de peur de se retrouver prisonnier d’une Organisation maçonnique ou satanique !

 

Dans cette situation,l’on aura beau discourir sur le développement de nos pays, sur leur essor, mais malgré cela, toutes les politiques nationales de développement qui s’articuleront sur l’essor industrielle et technologiques resteront lette mortes, faute d’une expertise suffisamment qualifié pour se lancer dans la recherche appliquée.

 

La Chine avec ses quelques 6 millions de chercheurs en épate plus d’un aujourd’hui. Quand à nos pays, où ces communautés fautes de moyens se reconvertissent à autre choses ou découragés émigrent en Occident , nous n’atteindront pas de sitôt le décollage effectif de nos sociétés, sans oublier que la véritable cause de notre sous-développement en la matière est avant tout mental.

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