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par Trésor Kalonji

Respect de l’Etat de Droit dans le numérique : une épreuve pour les internautes congolais


24 Juillet 2020 , Rédigé par TDK

Depuis l’avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir, le respect de l’Etat de Droit a constitué la base de sa politique quinquennale, dans le but notamment de rétablir la confiance en la Justice, plaçant ainsi les citoyens sur le même pied d’égalité devant la loi.

Pourtant, cet Etat de Droit suppose, au-delà de la confiance à placer en la justice, le strict respect de ses procédures, sans quoi, l’arbitraire qui fut longtemps décrié ne puisse plus prévaloir. Mais pour les Congolais, c’est une autre histoire.

Expulsion de Belges résidents au Katanga
Cette affaire a débuté après que les propos d’un bourgmestre belge d’origine congolaise, se soit exprimé dans la foulée du mouvement Black Lives Matter relatif au décès de George Floyd tué lors d’une interpellation de police aux Etats-Unis. 

 

Vincent Kompany, demandait alors à la Belgique de rompre avec son passé colonial en présentant des excuses, pour les atrocités commis durant la colonisation. Une pilule qui a eu du mal à passer auprès de certains Belges vivant à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, qui s’en sont pris à lui par des messages racistes publiés sur les réseaux sociaux.

Une épreuve pour les internautes congolais
Indignée, la société civile et de nombreux activistes ont réagi et exigé l’expulsion de ces Belges de la RDC. Les autorités emboîteront le pas à la clameur publique et procéderont à l’expulsion de ces derniers vers la Belgique. 

 

Bien que je partage la même indignation, je ne pense pas qu’il appartienne à la victime (les Congolais s’étant sentis offensés par ces déclarations) de dicter à la justice, la conduite à adopter ou même de nous faire justice nous-même. 
 

La Justice, à mon sens, aurait été de suivre la procédure qui convient à savoir, porter plainte et demander réparation, qui au juge ou au magistrat, d’apprécier, en fonction des textes existants, la peine à réserver envers les personnes poursuivies. C’est cela l’Etat de droit qui se différencie de la justice populaire qui repose sur l’émotion et l’immédiateté. 

Imaginez un mari trompé qui trouve sa femme en compagnie d’un amant et qui se venge sur l’un ou l’autre. L’émotion humaine justifierait dans une certaine mesure une réaction violente du mari. Il se serait fait justice pour sauver son honneur. Mais devant un tribunal, telle disproportion prendrait une autre tournure. 
Y a-t-il eu des antécédents à cette situation ? 
Existait-il des soupçons d’adultère de la femme envers son époux ? 

 

Des circonstances atténuantes qui, s’ils sont élucidés, faire l’objet d’une issue différente, comme la convocation d’un conseil de famille, une séparation de corps ou un divorce.
 

Comme on a souvent maintenant l’habitude de l’entendre un peu partout, des associations se fendant de communiqués où ils exigent SANS CONDITIONS des abandons de poursuites ou au contraire fixant eux-mêmes des peines à infliger. 

Je constate que très peu d’internautes arrivent à faire la différence entre justice équitable, où le respect des droits de chacun et la présomption d’innocence sont garantis à tous ; et la justice populaire en ligne, qui à la faveur de documents fuités, condamnent d’office des individus ou les livrent à la vindicte populaire. 

Tribunal des experts sur Twitter

La seule différence est qu’à la place des pneus autour du cou, le lynchage est médiatique et s’accompagnent d’insultes, menaces et intimidations de toutes sortes. 

 

Au Nigeria, un jeune entrepreneur, Legend Izu Madubueze, s'est suicidé après qu'une fille dont il avait refusé les avances, l'ait faussement accusé de viol sur les réseaux sociaux. 

Le Droit réagit à froid et non à chaud comme les humains.

A Kinshasa, une référence au respect des procédures existe. Quand on dit de vous que "AZA MUTU YA LOGIQUE" (C'est quelqu'un de logique), cela veut dire que vous respecter les règles, normes et procédures établies. 

 

Malheureusement, les Tribunaux institués sur Twitter, WhatsApp et Facebook, fonctionnent encore sur base des émotions et d'un système qui a longtemps consacré, la raison du plus fort, au mépris des procédures. 

 

 

 

 

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