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par Trésor Kalonji

La RDC : au cœur de la désinformation numérique

31 Octobre 2019 , Rédigé par TDK Publié dans #Afrique, #RDC, #Désinformation, #Facebook, #Fakenews

Alors que l’opérateur Facebook venait de lancer son outil de fact-checking pour sensibiliser les médias sur les fakenews, le média américain Daily Beast et le Cyber Policy Center de l’Université de Stanford ont alerté de l’existence de comptes pilotés depuis la Russie pour mener des actions de propagande en Afrique. Parmi les pays visés figure la RDC, mais également la Côte d’Ivoire, Madagascar ou encore le Mozambique. 

Selon Facebook qui révèle ces informations, le contenu distillé par ces comptes alimentés par des personnes recrutées sur place se rapportait à des actualités locales, mais aussi, à la politique internationale dans le but notamment de critiquer la politique de la France et des Etats-Unis dans ces pays. 
Une vaste campagne publicitaire d’un coût d’environ 77.000 $ a servi à diffuser des informations à travers ces comptes fictifs. Le centre de l’Université de Stanford précise cependant que concernant la RDC, ces campagnes n’étaient pas clairement alignées avec la politique étrangère de la Russie.


La guerre de l’information
Ces révélations qui tombent au moment où le réseau social Facebook est acculé par des Etats sur sa responsabilité dans le contrôle des fakenews, pose un sérieux problème sur la stabilité de la démocratie à l’ère des réseaux sociaux. Bien avant l’annonce du démantèlement de ces comptes, des trolls étaient déjà très actifs à la veille de la campagne électorale fin 2018 en RDC. 

L’alternance au Sommet de l’Etat n’a pas altéré leur virulence et a culminé sur une exaspération de la cyber-haine créant les concepts de « Talibans : ou tous ceux soutenant le président Félix Tshisekedi » et « Mpangistanais : du candidat malheureux Martin Fayulu ». 

Ainsi, sous les cris de "Talibans", une femme soutenant le président Tshisekedi a été agressée en Belgique lors de la visite du chef de l'Etat en Belgique. De nombreuses vidéos prolifèrent sur Youtube dans les milieux de la diaspora ainsi que sur Twitter où les partisans des deux camps prônent ouvertement la violence physique. 

Fakenews en RDC

Bien qu’il n’existe pas à ce jour une façon de mesurer l’incidence de ces trolls sur la vie publique congolaise, il est cependant à noter qu’ils ont contribué à durablement polariser le cyber-espace, créant une auto-censure privant de nombreux citoyens de leur liberté d’expression car évitant d’avoir à subir insultes et brimades de toutes sortes. 

Des pouvoirs publics attentistes
La radicalisation entre Mpangistanais et Talibans dans le cyberespace congolais et les campagnes ciblées menées par des forces extérieures pour influencer l’opinion publique crée un précédent fâcheux qui, risque à terme de mettre en danger la démocratique congolaise encore vacillante. Le Ministre des médias Jolino Makelele affirmait dans le journal en langues nationales de la RTGA émettant à Kinshasa, qu’il convoquerait des assises pour examiner entre autres sujets, la question de la prolifération des fakenews. 

Son prédécesseur à ce poste, Lambert Mende Omalanga, se contentait lui d’interrompre la fourniture d’accès à l’Internet lorsqu’il estimait que la désinformation menaçait la sécurité nationale. 
Des interruptions généralisées à tout le monde et non ciblées aux auteurs de ces actes, ce qui a eu pour incidence de paralyser l’économie et de faire régresser la liberté d’expression dans notre pays. 

À l’heure actuelle, on ne sait pas qui du Ministère des médias et communication et celui des PT-NTIC a autorité sur les questions liées à la désinformation numérique. 


 

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