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par Trésor Kalonji

Les gestionnaires des médias congolais se forment au numérique

22 Juillet 2019 , Rédigé par TDK Publié dans #Afrique, #RDC, #digital, #médias, #numérique

Avant, la publicité se résumait en : 
- De l’affichage dans les rues via des panneaux et le paiement d’espaces à la télé et à la radio;

- De la publicité intrusive (en RDC, c’est le très décrié phénomène connu sous le nom de Mabanga);
- Une publicité non ciblée (n’étant pas en mesure de bien segmenter la clientèle, on arrose tout le monde, en espérant que ça tombera chez le destinataire visé, d’où des surcoûts).

Quand le digital est arrivé, notamment avec l’émergence des réseaux sociaux en particulier, les entreprises ont recentré leurs activités sur les plateformes comme Facebook et Google. Elles ont misé sur l’impact du marketing viral où le bouche à oreille a laissé s’est numérisé. 

Grâce aux données fournies par les utilisateurs, le ciblage publicitaire est devenu beaucoup plus précis. On sait s’adresser plus facilement à une niche et le tout, avec des budgets plus modestes et proportionnés. 


Ces mutations, ce n’est pas tout le monde qui s’y accommode. Les plus réfractaires pensent qu’adopter ce nouveau type de publicités engendre des coûts supplémentaires. Plus de ressources humaines beaucoup plus qualifiés et difficiles à trouver, des investissements coûteux en termes de matériels et le tout pour un retour sur investissement qu’on peine à mesurer par rapports aux indicateurs traditionnels usuels. 

A quoi bon investir dans une technologie pour cibler 5 millions de personnes utilisant Internet et les réseaux sociaux en RDC, alors que le pays compte 40 millions d’abonnés mobile donc 40 millions de consommateurs potentiels ?

C’est pour répondre à toutes ces interrogations que l’USAGM, anciennement connue sous le nom de Conseil des gouverneurs de la radiodiffusion des Etats-Unis et la Radio Netherlands Training Center des Pays-Bas, ont organisé une formation destinée aux médias partenaires de la Voix de l’Amérique (Voice of America) sur les tendances digitales dans la sphère médiatique.

 

Mr. Guy Ntoto, DG de B-One TV et Mr. Delphin Bateko, directeur des programmes de la Radio 7 Kinshasa
Mr. Guy Ntoto, DG de B-One TV et Mr. Delphin Bateko, directeur des programmes de la Radio 7 Kinshasa

Les managers responsables de 35 médias de la République démocratique du Congo et du Congo Brazzaville se sont retrouvés à Kinshasa pour parler digital et voir comment s’y prendre pour intégrer cette donne dans la conduite de leurs organes. 

Constat
On ne se lance pas sur Internet par effet de mode. Au début des années 2000, certains médias voyaient dans la conception d’un site internet, un élément de modernité, une mode à adopter et y publier du contenu sans le transformer dans les formats requis pour le web. 

On retrouvait donc facilement des journaux télévisés de 40 minutes voire une heure en ligne, des audio de même durée et encore plus lourds. La presse écrite elle, reproduisait à l’identique son format papier. 
 

Il en était de même pour le personnel commis au digital. Les médias disposant de plateformes sur les réseaux sociaux ou de sites internet, font souvent l’erreur d’en confier la gestion à des techniciens purs. Un administrateur réseau qui devient community manager ou rédacteur web….et en même temps s’occupe du marketing digital et de la production d’éléments multimédias. 

Définir une stratégie
Qu’il s’agisse d’un média, d’une ONG ou même d’un individu, on n’est pas présent sur Internet par effet de mode. Il faut avoir un but. L’étudiant ou le chercheur d’emploi devra soigner son profil professionnel sur Linkedin pour avoir des chances d’être repéré et embauché. Le professionnel lui y va pour valoriser son expertise. 

Présent sur les lieux, le rédacteur en chef de la Voix de l’Amérique pour l’Afrique francophone,  Chérubin Dorcil, a reconnu que la transition n’a pas également été aisée pour son média. 

Le Rédacteur en chef de la VOA francophone
Le Rédacteur en chef de la VOA francophone

« Il a fallu définir de nouveaux formats de diffusion, retravailler notre contenu pour le conformer au web. Des vidéos plus courtes, plus spécifiques, des journaux télévisés éclatés en chapitres ou sujets ». 
De plus, le digital vient bousculer certaines évidences acquises dans la formation même du journaliste congolais. Quand on s’aperçoit qu’une radio peut faire des vidéo de ses émissions et les diffuser en ligne, cela contredit les notions que nous avons acquises dans le cours de Tableau de la presse contemporaine dispensé en troisième année de graduat, confie Jacques Magheni de Radio Tanya, un média spécialisé dans l’environnement à Goma au Nord-Kivu. 
 

La fin des monopoles
L'internet a démocratisé non pas seulement l’accès à l’information, mais aussi sa production. De nouvelles notions comme le journalisme militant ou les chroniqueurs du web, dont la plupart ont envahi Youtube avec pour cible la diaspora congolaise, ont remodelé le paysage médiatique où, tout le monde peut désormais produire de l’information ou du contenu, la diffuser et la rentabiliser. 

 

Le Youtubeur d’origine congolaise Dicosh, de son vrai nom Christian Nsankete en est un exemple concret. 

Après avoir cartonné avec sa chaîne Youtube, l’homme est courtisé par les régies publicitaires européennes et est le premier chroniqueur web africain à avoir signé un contrat avec Canal +.
 

D’autres chroniqueurs congolais comme Dr. Bot et Jaymaxx émergent également et intéressent certaines régies publicitaires du web. 
Vous pouvez retrouver un excellent article paru dans le journal le potentiel du 11 juillet 2019 sous la plume du directeur des programmes de la Radio 7, Delphin Bateko. 

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