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par Trésor Kalonji

Avec l'Etat islamique à l’est : la RDC va se doter d’une loi anti-terroriste

13 Mai 2019 , Rédigé par TDK Publié dans #terrorisme, #Afrique, #RDC

Nous sommes en 2013. A l’époque, j’écris un livre qui s’intéresse au monde du renseignement et à la cybersécurité. Je me mets donc en quête d’informations auprès d’anciens agents à la retraite. Et c’est là que j’entendit les mots terroristes congolais pour la première fois…

 

Début 2014, la sécurité à l’est du pays se dégrade de plus en plus. Les ADF, un mouvement islamiste d’origine ougandaise sème la terreur dans la région, attaquant des civils et commettant de terribles exactions. L’incapacité de l’Armée à mettre fin à ces attaques s’est vite transformée en théorie du complot, dans laquelle, le régime armerait ces rebelles pour justifier de la non tenue des élections de 2016. Une théorie qui fera son bonhomme de chemin, au rythme de la multiplication des attaques.

 

Les terroristes sont là

Le gouvernement congolais affirme que les ADF sont soutenus par des mouvances djihadistes extérieures à la RDC, pour justifier l'impuissance de l'armée régulière.

Malgré plusieurs rapports et la mise en ligne d’une vidéo de propagande appelant les djihadistes à aller combattre en RDC ; les sceptiques ne désarment pas et mettent cela sur le compte du glissement électoral. Les relations alors tendues entre la RDC et une partie de la communauté internationale n’aident pas à crédibiliser ces affirmations.

 

Tshisekedi prend le relais

Lors d’un séjour officiel aux Etats-Unis, le nouveau président Félix Tshisekedi reprend le même discours, au cours d’un échange à l’Atlantic Council de Washington, dans lequel il pointe clairement la menace terroriste de l’Etat islamique en RDC et demande aux Etats-Unis, une assistance en termes d’équipements et de renseignements. C’est ce qui justifierait selon des analystes, la rencontre avec Gina Haspel, la directrice de la CIA et John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump.

 

Samantha Reho, porte-parole du commandement militaire des Etats-Unis en Afrique (Africom) avait affirmé que « les ADF entretenaient des liens avec l’Etat islamique et tenteraient de créer une de ses base-arrières en Afrique centrale ». Un officier supérieur d’Africom sera en visite en RDC.

 

 

La confirmation ?

L’attaque d’une position de l’Armée et la revendication de celle-ci par l’Etat islamique remet la question sur la table. Les partisans de la thèse terroriste du régime Kabila sortent du silence, pour montrer qu’ils avaient raison dès le début.

 

Dans la foulée, un message du chef de l’Etat islamique datant de 2018 est révélé où il indique que son mouvement mène des opérations en Afrique centrale.

 

Du côté des théoriciens du complot, on n’est moins enthousiastes et nombreux continuent à dénoncer une manipulation de Joseph Kabila qui entre-temps a organisé les élections et quitté le pouvoir.

 

 

La question de la présence ou non de l’Etat islamique en RDC divise, selon que l’on soit de la majorité ou de l’opposition. Quant à moi, j’apprenais déjà qu’en 2013, que des étudiants Congolais bénéficiaient de bourses d’études via des fondations et organisations caritatives musulmanes pour aller étudier dans des pays du Golfe. Certaines de ces fondations les déroutaient vers des camps d’entraînement pour les endoctriner au takfirisme et au maniement des armes.

 

Un processus qui aboutissait à leur déploiement sur des théâtres d’opérations en Lybie ou en Syrie.

 

Sur les antennes de RFI, la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale Jeanine Mabunda, a indiqué qu’une loi anti-terroriste était en gestation pour adapter l’arsenal juridique et les services de sécurité à cette nouvelle menace.

 

De nombreux Congolais tentent de se convaincre que la menace terroriste est un coup monté, alors que des preuves de plus en plus évidentes l'attestent. Déjà rongé par une insécurité causée par des milices comme ce fut le cas dans l'imbroglio libyen, la présence de Daech en RDC risquerait de déstabiliser le fragile équilibre dans la région des grands lacs.

 

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