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par Trésor Kalonji

Escroc sans le savoir

21 Avril 2019 , Rédigé par TDK Publié dans #Afrique, #RDC, #escroquerie, #internet

Coco (nom changé) est une Congolaise qui vit en RDC. Son physique avantageux sera un atout pour de nombreux arnaqueurs, qui se serviront de ses images pour escroquer des personnalités et des hommes riches. Elle raconte son histoire. 

Diplômé en journalisme de l'IFASIC Kinshasa, Coco est présente sur Instagram, Facebook et maintenant Snapchat et y poste régulièrement des selfies d’elle, sans se rendre compte que les postures qu’elle prend vont tourner à son désavantage.

Égérie des sites à scandale
Coco ne sait pas que ses images d’Instagram sont réutilisées ailleurs avec des commentaires sexistes. La première apparition d’elle se fait sur les Rumeurs d’Abidjan en 2016. Un inconnu y poste sa photo en la faisant passer pour une femme à la recherche de conseils conjugaux. Puis dans plusieurs autres pages où on cotait son physique. 

Le style de publications sur lesquelles les photos de femmes sont illustrées sans leur consentement

« C’est un ami qui fréquente ce site qui m’a envoyé l’image. On demandait aux gens de me donner une côte sur 10 ». 
Puis après, d’autres sites reprennent ses photos dans des publications provoquantes. Rien de très sérieux pour le moment, jusqu’au moment où tout bascule.

Coco la briseuse de ménage
Tout commence avec un autre compte Facebook avec son nom de famille qui est créé à son insu. La personne derrière ce profil récupère toutes ses images sur Instagram et entre en contact avec l’épouse d’un député national de l'AFDC, parti de l'honorable Bahati Lukwebo. 

Dans leurs interactions, la fausse Coco, charge le député et le fait passer pour un coureur de jupon. Ces conversations arrivent jusqu’aux oreilles du concerné qui entre en contact avec la faussaire qui le bloque.
 

Plusieurs mois plus tard, Coco, la vraie, est abordée par l'une de ses nombreuses amies sur Facebook. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que celle-ci est utilisée par le député pour obtenir des informations à son sujet. Elles sympathisent en ligne. Sa nouvelle amie demande à venir la voir chez elle et elle accepte. 
« 
C’était dans la soirée. Une jeune fille est entrée dans la parcelle et a trouvé un membre de ma famille. Elle a demandé si j’étais là. A l’affirmative elle est partie. Je suis sortie pour voir de qui il s’agissait puis suis rentrée. Quelques minutes plus tard, une demi-douzaine de policiers sont entrés pour m’arrêter ». 

Devant le refus de ses parents, une plainte est déposée au tribunal de garnison de Ngaliema. « Ces policiers sont venus sans ordre de mission et venaient de Binza Delvaux. 
Ils étaient hors de leur juridiction et au-delà de l'horaire légal pour procéder à une arrestation. »

Une affaire de téléphone
Mais la mésaventure de Coco ne s’arrêtera pas là. En route, elle se fait interpeller par un monsieur descendant d’un véhicule dans son quartier de Bandalungwa. Celui-ci la menace et exige qu’elle lui rembourse son argent. Coco stupéfaite cherche à comprendre. 

 

L’homme lui explique qu’elle lui a escroqué de l’argent en unité de communication et 200$ pour l’achat d’un téléphone avant de le bloquer. Après vérification, il s’avérera qu’il s’agit là aussi d’un autre compte piraté avec ses photos et qui a entretenu un amour virtuel avec cet homme en lui soutirant de l’argent sous divers prétextes.

 

Une pratique courante
Les cas comme celui de Coco ne sont pas isolés. Peut-être que votre image circule dans des forums, pages et groupes dans les réseaux sociaux avec des légendes au contenu désobligeants. Les faussaires utilisent très souvent des photos non indexées pour éviter toute identification ou recherche inversée. 

 

L’e-réputation n’est pas quelque chose réservée aux entreprises. Une belle femme, peut voir ses images être récupérées pour servir sous de faux profils à extorquer. 

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