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par Trésor Kalonji

40.000 téléphones non conformes provoquent le cancer en RDC !

1 Avril 2019 , Rédigé par TDK Publié dans #Afrique, #RDC, #Fakenews, #réseaux sociaux

Initialement acquis pour servir à la collecte des données pour les élections du 30 décembre 2018 au profit d’une plateforme électorale, ces smartphones, dont un lot important avait été bloqué par la douane, ont fini par être écoulé sur le marché. Plusieurs zones de santé ont rapporté des cas de patients victimes de bourdonnements aux oreilles juste après l’utilisation de ces téléphones. Un examen poussé réalisé à l’Hôpital général de référence de Kinshasa a révélé la formation de cellules cancéreuses, notamment au niveau du cerveau rapporte un médecin qui a requis l’anonymat. Ils sont précédés de vomissements, nausées et troubles de l'attention, notamment chez les femmes enceintes.

Les médecins affirment que les dérèglements pourraient avoir pour incidence,  des cancers du poumon, de la vessie, de la bouche, de l'oesophage ou du foie. 
L’Autorité de régulation a été saisi de l’affaire et une enquête internationale est en cours, pour déterminer la nature exacte des composants de ces appareils. Une information judiciaire a été ouverte par le procureur général de la République pour faire la lumière cette affaire. 

Des convocations ont été adressées à deux responsables politiques dont l’un se trouve présentement à l’étranger. 
 

Merci d’avoir lu jusque-là. Cette information n’est pas du tout vrai. C’est un poisson d’Avril. 
 

Pourtant, certains d’entre-vous y ont cru. Si nous n’étions pas le 1er avril, cette information, balancée sur un forum ou un groupe Facebook ou WhatsApp, aurait été prise pour véridique et donner lieu à des interprétations diverses sur l’identité des personnes à qui, ces téléphones étaient préalablement destinés. C’est de cette façon que naissent les rumeurs et les fausses informations sur Internet. Qu’est-ce qui fait alors que beaucoup de gens se font prendre à ces pièges ?


Dans mes recherches, je suis tombé sur un excellent article du professeur Adam Waytz de la Kellogg School of Management de Chicago USA) portant sur « le raisonnement motivé ». Ce concept suggère que nous sommes motivés à croire tout ce qui confirme nos opinions personnelles. 
 

Dans l’exemple de mon faux article, une personne politiquement opposée à la coalition LAMUKA dont le candidat est sorti deuxième aux élections présidentielles, fera vite le rapprochement, tout cela se basant sur des déclarations des membres de cette plateforme, annonçant l’acquisition de 40.000 téléphones pour l’observation des élections. 

40000 smartphones pour l'observation élections en RDC par LAMUKA

 

Le raisonnement motivé se nourrit également des différents préjugés de notre société. Si je crois que les Lubas sont vantards et que j’assiste personnellement à une scène de la vie courante où un membre de cette tribu exhibe cette vantardise, cela ne fera que raviver cette conviction absolue. 

Si je me dis comme il est sous-entendu que le métier de prédilection des ressortissants du Bandundu est d’être domestiques, cireurs de chaussures ou pousse-pousseurs et que par un hasard, je croise deux cireurs sur le Boulevard du 30 juin en train se parler en Kikongo, cela ne fera encore une fois que renforcer cette conviction et va l’ériger en postulat dans mon esprit. 
 

Fort malheureusement, beaucoup d’entre-nous appliquent cela inconsciemment, notamment après la fièvre électorale de 2018. Croire sans preuves à des affirmations sorties de nulle part, étayées par des sources vérifiables, tendancieuses ou non, constitue la faille de celui qui croit aux fakenews. Lorsque cela est exacerbé, il conduit la personne à rassembler des faits en accord avec ses idéaux en leur accordant une importance démesurée, rejetant de facto, ceux qui ne s’y prêtent pas. Dans ce cas, c’est de la radicalisation. 

Dans l'exemple de la RDC, le fait de formuler des critiques en avançant des faits non vérifiés sur les actions du président de la République, a été baptisé par les internautes FATSHOPHOBIE

Fatshophobie ou haïr Félix Tshisekedi


Les conséquences
Au-delà de cela, notre attitude vis-à-vis de ce que nous croyons, partageons et exprimons doit se faire avec la plus grande prudence. Si mon faux article avait été laissé tel quel, il aurait eu comme conséquence, de créer une énième polémique sur les acteurs politiques congolais, avec le lot d’insultes qu’il charrie. 

Très peu se seraient réellement intéressé au sujet principal de l’article (le cancer provoqué) et si l’expérience sociologique avait été menée dans les forums et groupes de discussions, je pense que la prévalence aurait été de vilipender les acteurs politiques, plutôt que de se demander si l’information était authentique ou de quelle marque de téléphone il est question. Et c’est cela que recherche celui qui crée un fakenews. 
 

En novembre 2016, un faux communiqué est diffusé en ligne, annonçant que le groupe VINCI allait procéder à un audit, suite aux malversations financières de l’un de ses dirigeants. La présentation du texte, les liens, l’identité des cadres, tout concorde. Ce qui suffira à induire en erreur, deux agences de presse réputées dans le monde des affaires (Dow Jones et Bloomberg) qui vont diffuser l’information. En une heure, le groupe Vinci perdra 7 milliards d’euros suite à l’effondrement de son cours dans les différentes places boursières du monde. 
 

Alors, si vous recevez sur Internet, une information sur un sujet pour lequel vous êtes directement ou indirectement impliqué ou émotionnellement sensible, votre cerveau va retenir ce qui vous plaît et arrangera les faits en créant des corrélations qui correspondent à la réalité (vérité) que vous vous faites à propos. 

Dans le cas de mon faux article, il aurait sûrement été partagé dans des forums et groupes WhatsApp précédé de la mention URGENT URGENT.

Quoi qu’on en dise, lutter contre la désinformation en RDC revient à lutter contre le moi de chacun d’entre nous. 

 

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