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par Trésor Kalonji

Le monde de la finance en ligne congolaise en crise : des clients escroqués

6 Novembre 2018 , Rédigé par tresorkalonji.over-blog.com Publié dans #Bitcoin, #escroquerie, #crypto-monnaie, #minage, #monnaie virtuelle, #RDC

Depuis quelques heures, certains usagers de la toile congolaise sont en émoi. En cause, la fermeture de Stancap, un site qui permettait de faire des bénéfices à travers des placements opérés en ligne. 

Plusieurs Congolais attirés par le succès des crypto-monnaies comme les Bitcoin, ont vite fait de sauter sur l’occasion. Y laissant plusieurs plumes au passage. 

Quoi qu’on en dise, Kinshasa est une terre d’opportunités. Il ne passe pas un jour sans que je ne voie défiler dans mon fil d’actualité sur WhatsApp ou Facebook, des offres sur de nouveaux modèles permettant de faire fructifier son argent. Celui le plus en vogue est assurément le Multi Level Marketing. Une technique qui consiste à acheter un produit et le vendre à des clients qui deviendront vos affiliés et dont des quotités des ventes vous sont reversées en guise de commission. 

Rien de louche dans tout cela. Les premières sociétés à implanter ce concept en RDC vendent des compléments alimentaires pour la plupart ainsi que des produits cosmétiques. Forever Living Products et Tianshi seront parmi les tous premiers. 

Et le Bitcoin ?

Cette crypto-monnaie fait parler d’elle dans la mesure où elle est de plus en plus utilisée, remettant en cause les postulats de la finance traditionnelle. Non régulée et ne dépendant d’aucune Banque centrale, elle est créée par les internautes qui utilisent les capacités de leurs machines pour la miner (créer) et se font rétribuer en retour. 

Ayant commencé timidement, le Bitcoin a pris l'ascenceur et s’échange aujourd’hui à 6.432,97 $ pour une unité. Suffisant pour déclencher une ruée de tout ce que la Finance possède d’hommes intègres et peu recommandables. Il existe même des usines de minage avec des super-ordinateurs travaillant jour et nuit pour concevoir les précieux « mégas ». De plus, son côté dérégulé et anonyme en a fait le chouchou des groupes terroristes, qui l’utilisent pour transférer des fonds ou récupérer des rançons. 

Un deal gagnant
Chaque internaute est donc un mineur de Bitcoin en puissance et peut gagner de l’argent de cette activité. Les Bitcoins sont exploités dans des unités appelées "blocs". La récompense pour avoir terminé un bloc est de 12,5 Bitcoins. Au prix actuel d'environ 6.432,97 $, cela signifie que vous gagneriez (12,5 x 6.432,97) = 80.412, 12 USD. 

Certains investissent de gros moyens comme décrit dans cette vidéo. D’autres plus modestes, le font avec leur propre matériel. Les pirates eux, ont trouvé une astuce consistant à créer des programmes malveillants qui, une fois téléchargé sur votre machine, minent des Bitcoins sur votre ordinateur à votre insu. C’est ce qu’on appelle le minage caché ou cryptojacking en anglais. 

Des pirates ou des développeurs malins l’installent dans des versions piratées de Windows ou dans des clés d’activation utilisées pour faire sauter la protection d’un logiciel payant. 

En octobre 2018, l’éditeur anti-virus Kaspersky classait le Trojan.NSIS.BitMiner.gen utilisé pour miner des Bitcoins, comme le troisième programme malveillant en activité en RDC. 

D’autres crypto-monnaies ont vu le jour avec des cotations différentes et utilisant le Blockchain, la technologie utilisée par le Bitcoin :

Bitcoin Cash : 429$ l’unité
Ethereum : 211$ l’unité
Ripple : 0,37$ l’unité
Litecoin : 54$ l’unité
EOS : 5,29$ l’unité
Stellar : 0,21$ l’unité.
On estime à 203 milliards de dollars, la capitalisation de toutes les crypto-monnaies en circulation. Un comptoir verra même le jour à Butembo, échangeant Bitcoins contre francs congolais et dollars américains.

Et la lumière fut
C’est donc fort de toute cette publicité que l’arnaque à l’argent virtuel a rapidement séduit de nombreuses personnes. Créée en février 2018, Stancap.Biz offrait en complément au Bitcoin, des options de transfert incluant les messageries comme Western Union ou le mobile money. 

Les utilisateurs avaient juste la promesse de tirer des dividendes de leur investissement initial, sans trop de détails sur l’usage des fonds. Le site étant décrit par ceux qui en faisaient la vulgarisation comme un compte épargne virtuel aux commissions élevées. 

Pourtant, quelques éléments anodins auraient suffi à mettre aux gens la puce à l’oreille :

- Une sécurité au rabais 
Imaginez que vous vous présentiez dans une banque et que vous ouvriez un compte sans que le banquier ne vous demande un document ayant cours légal (carte d’électeur ou passeport) ? 

Pour Stancap, un site supposé garder votre argent devrait recourir à une authentification se basant sur des documents crédibles. 

De plus, les informations que vous entrez (noms, e-mail, téléphone) ne sont pas vérifiées et validées (comme quand on ouvre un compte Gmail ou Facebook et que des codes de confirmations sont envoyés par mail ou par téléphone).

- 
Aucun support technique
Étant un site internet et de surcroît gérant l’argent de personnes aux quatre coins du globe, le minimum aurait été d’avoir un service d’assistance technique. Les utilisateurs ne s’en sont pas préoccupés. 

La crypto-monnaie n’est pas mauvaise et il existe des activités légales qui y sont associées. Cependant, l’absence de régulation de cette activité dans de nombreux pays, rend difficile la limitation des abus et expose les usagers qui sont susceptibles de se cramponner derrière n’importe qui. 

Quant aux informaticiens adorateurs des jeux, logiciels et utilitaires piratés, prenez le soin de vérifier si, votre machine n’est pas une mine à ciel ouvert qui travaille pour le compte de quelqu’un d’autre. 

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